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Atelier sur les villes en transition

ATELIER SUR LES VILLES EN TRANSITION

ENA 13 08 2011

 

Organisé par la commission Alternatives d’Attac France : Gilles Sabatier, Etienne Lecomte et Colette Boudou, en collaboration avec Armin et Hannes, de Fribourg en transition.

 

Une soixantaine de personnes étaient présentes, beaucoup de français, mais aussi des allemands ainsi que quelques suisses et belges. Nous avons commencé l’atelier par une petite présentation générale de chacun: d’où nous venons? (en nous déplaçant en fonction de notre localisation), participons-nous déjà à une initiative de ville en transition? Etc.

 

Introduction sur les villes en transition:

 

Les initiatives mises en œuvre dans les villes en transition sont souvent déjà connues, mais l’intérêt du mouvement des villes en transition est de les mettre ensemble. Pourquoi est-ce que ça marche? : Les intuitions fortes de ce mouvement:

 

  • Prendre en compte la tête, le cœur et les bras: Faire comprendre une situation mais aussi son contexte émotionnel, et déboucher sur une action.
  • La question du changement climatique est souvent acquise, par contre la fin du pétrole bon marché est moins connue. Prendre les 2 problèmes séparément engendre des fausses solutions. Les considérer ensemble change totalement la vision. Un 3ème choc est maintenant pris en compte, celui d’une explosion financière qui engendrerait un effondrement monétaire. Or un système d’échange est indispensable.
  • Si l’on attend, il sera sans doute très difficile de faire face à ces 3 chocs. Plusieurs scénarios sont possibles: « techno-fantasy » = on fonce dans le mur en souriant; « mad max » = le plus pessimiste; « développement durable » = on baisse un peu la consommation, mais pas de manière durable; « descente créative »= améliorer notre résilience, c’est-à-dire notre capacité à résister aux chocs, en particulier par une relocalisation pour limiter les transports, en prenant en compte tout le monde.
  • Etre inclusif, ce qui n’est pas facile: faire participer le plus de personnes possible quelles que soient leurs opinions, (privilégier l’action et éviter les discussions politiques, sources de conflits), mais aussi leurs revenus: penser aux personnes en difficulté.
  • Pourquoi l’intuition que nous allons dans le mur ne suffit pas à faire changer les comportements? Nous avons une addiction individuelle et collective à la consommation, au « bling bling ». Or le mouvement des villes en transition fait l’hypothèse que la vie sera en fait plus agréable sans tout cela. Pour obtenir un changement il faut une vision positive: une vision négative et la peur du futur entraînent une réaction de fuite: on fait l’autruche.
  • Ne pas se contenter de paroles : passer très vite à l’action et être visibles pour que les personnes restent dans le mouvement. Profiter des nombreuses expériences déjà réalisées. Voir le livre « Transition in action » (en anglais).
  • Aller à la rencontre des anciens et créer des liens: ils ont connus l’avant-pétrole et il est intéressant de savoir comment ils vivaient sans pétrole.

 

Situations nationales

 

Carte des différentes villes en transition officielles et déclarées en France, en Allemagne et en Autriche, et dans le monde

 

  • Attention, l’objectif n’est pas quantitatif: Il est important d’aller doucement au moment de la création d’une initiative de ville en transition afin de ne pas se retrouver seulement entre militants convaincus.
  • Les pays occidentaux ont une responsabilité importantes vis-à-vis de ces chocs. Nous n’avons que 10 ans pour passer à une société post-fossile, dans tous les pays, d’où l’importance des personnes qui se mobilisent et sont leaders d’opinion.
  • Le réseau des villes en transition croit lentement en Allemagne car il a fallu que les ouvrages soient traduits. Mais il augmente après chaque séminaire: le 1er en allemand a lieu en 2010. Il existe maintenant un site germanophone. Il y a plus d’un millier de membres en Allemagne dans différentes villes: Bielefeld, Berlin, Hanovre, Fribourg…
  • En France : gros boum actuellement. La première initiative a été lancée à Triève. Elle a bien démarré et a organisé une grande fête en juin 2011. Le manuel est traduit en français et il existe aussi un site francophone, ainsi qu’une liste de discussion (objectifrésilience). Une ville comme Paris étant trop grande pour une initiative de transition, les réunions et les objectifs s’organisent par quartiers. Les initiatives démarrent souvent à partir d’une expérience existante, en particulier une AMAP.
  • En Belgique, il existe une initiative à Bruxelles depuis plus d’un an. Il s’agit surtout de jardins collectifs en réseau. Des terres polluées par le pétrole vont être réaménagées. Trois essais ont eu lieu à Liège mais restent encore limités à de petits groupes. Leur objectif est de replanter un terrain. Voir le site entransition.be, ainsi que tout ce qui concerne la permaculture: la permaculture est indispensable à la survie sur notre planète et est au cœur des villes en transition. Elle lie tous les domaines. L’agriculture ne doit pas seulement produire des aliments mais s’occuper des sols et des différents éléments naturels (air, eau, animaux etc).
  • En Suisse: plusieurs groupes sont établis à Zurich, Balle, Genève, Biel (« vision2035 »). Site: 2035.ch Ces groupes coopèrent avec les organisations qui agissent par rapport au changement climatique ainsi qu’avec les responsables municipaux, qui sont un levier important.

 

Cart game

 

Nous nous divisons en 4 groupes, en fonction de la langue utilisée, afin d’échanger sur les différentes initiatives de villes en transition en cours, en évaluant où en est l’initiative par rapport à la liste des « ingrédients » présentée dans le livre « Transition compagnon ». Puis elles sont présentées en grand groupe.

  • Exemples:
  • Fulda en Allemagne, le groupe est issu de la mobilisation contre un projet de centrale nucléaire et de la projection d’un film, faite au bon moment. Jardins mobiles dans des boîtes sur des ruines, terrain en cours d’acquisition, projet de monnaie régionale.
  • Mûrs-Erigné près d’Angers: le groupe s’appuie sur des associations existantes. Chantiers participatifs, annuaire des différentes initiatives locales.
  • Paris 15ème: groupe issu d’une AMAP. Actions de sensibilisation, groupes de travail (transport, alimentation…). Projet de jardins potagers dans les espaces verts des immeubles.
  • Aix-en-Provence: chaque réussite est l’occasion d’une fête (ex. récolte de courgettes mangées ensemble) ce qui est important pour favoriser l’inclusion.
  • Marseille : compost collectif pour réduire les déchets et mettre le compost à disposition des habitants. Liens avec la Confédération paysanne.
  • Autres : Une petite annonce pour solliciter la mise à disposition de terrains a permis d’avoir plus de jardins que de jardiniers. Des enfants mangent à la cantine les légumes qu’ils ont eux-même produits dans leur jardin.

 

Débat sur les relations avec les élus.

  • Le mouvement des villes en transition est un mouvement citoyen autogestionnaire et indépendant des élus locaux. Il faut prendre contact le plus tard possible avec les élus locaux qui risquent de récupérer les initiatives. Les communes peuvent aussi tuer toute initiative comme cela a été le cas en Allemagne avec les agendas 21 locaux dont rien ne reste 10 ans après alors que beaucoup de villes s’étaient engagées: mieux vaut se baser sur la population, 10% peuvent faire bouger beaucoup!
  • Pourtant il y a un lien entre ce que l’on veut faire dans les villes en transition et ce que les communes devraient faire. D’autre part, collaborer avec les élus peut être un levier important pour développer des initiatives et bénéficier de leurs ressources. Il faut s’appuyer sur les expériences locales antérieures et éviter de trop vite généraliser.
  • L’opinion générale est qu’il est essentiel de conserver le pouvoir à la base et de ne prendre contact avec les élus que lorsque l’initiative de transition est suffisamment avancée et solide pour ne pas pouvoir être récupérée.

 

Débat sur les rapports avec Attac.

 

Si le mouvement de transition est stratégique pour le futur, Attac doit favoriser son développement, en le faisant connaître en tant qu’association d’éducation populaire. Les comités locaux peuvent projeter des films et permettre d’échanger de bonnes informations sur les différentes initiatives. Ils peuvent aussi organiser des forums des alternatives locales.

 

http://www.rue89.com/

rue89.com, Cécile Cailliez  le 30 novembre 2010


Après-pétrole : et si les habitants initiaient la transition des villes ?

 

Les « villes en transition » imaginent la cité de l’après-pétrole, moins dépendante de l’or noir. Une initiative citoyenne d’origine anglo-saxonne qui essaime désormais en France.

 

Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) l’a prouvé récemment : les ressources de pétrole s’épuisent indéniablement.

 

Pire, selon l’AIE, le pic pétrolier, cette phase où la production de pétrole conventionnel sera en déclin par rapport à la demande, serait désormais atteint.

 

Si l’Agence rassure en tablant sur la découverte et la mise en production de nouveaux champs, le constat est là : il faut dès à présent penser la ville de demain, moins dépendante de l’or noir.

 

Mais comment envisager l’après-pétrole sans tomber dans le catastrophisme ? Les partis politiques écologiques ont du mal à mobiliser et tous les citoyens ne se reconnaissent pas dans les mouvements associatifs ou décroissants.

 

La solution : susciter au sein de la communauté un mouvement de réflexion et d’action, s’appuyer sur les ressources et les compétences locales, afin de mettre en place et de diffuser au niveau local les bonnes pratiques.

 

Comment la mettre en pratique ?

 

En 2006, à Totnes, une bourgade de 8 000 habitants, Rob Hopkins enseigne la permaculture, une philosophie du développement durable par l’aménagement du territoire et le renforcement de la communauté.

 

Convaincu de la réalité du pic pétrolier, il tente alors un pari fou : miser sur la participation des habitants pour favoriser la « transition » en douceur de sa ville à l’horizon 2030.

 

Ainsi naît le mouvement des « villes en transition », qui se fonde avant tout sur la notion de résilience, c’est-à-dire notre capacité, malgré les difficultés, à nous adapter aux changements à venir.

 

Pour mettre en œuvre le processus, ses initiateurs à Totnes ont rédigé un processus en douze points.

 

Première étape : constituer un groupe de pilotage.

 

« Militants associatifs, citoyens, élus, représentants de l’agenda 21, tout le monde est bienvenu », insiste Leigh Barret, du groupe Saint-Quentin en transition.

Un aspect inclusif et participatif qui séduit bien au-delà des cercles écologiques habituels.

Autre étape primordiale, l’élaboration de groupes de travail thématiques : transports, énergie, alimentation. L’idée étant, si possible, de s’appuyer sur les initiatives existantes, de mieux les coordonner et de les développer.

 

« Ce questionnement concret, pragmatique, est l’un des principaux intérêts de la transition », constate Pierre Bertrand, fondateur de Trièves en transition en 2007. « Si on veut développer les énergies renouvelables, le premier réflexe est de savoir où on va pouvoir installer des panneaux solaires dans le village et si cela est réellement faisable. »

Exemples :

  • à Saint-Quentin en Yvelines, l’association Regain Nature organise des ateliers de jardinage bio pour la transition ;
  • à Totnes, le groupe alimentation plante des vergers de noyers un peu partout dans la ville. L’intérêt : les fruits se conservent longtemps et permettent de faire de l’huile ou de la teinture ;
  • à Grenoble, un projet de monnaie locale est à l’œuvre.

 

Ce que je peux faire

 

En France, une quinzaine de groupes de transition ont vu le jour. « Mais nous n’en sommes réellement qu’à la phase de sensibilisation des habitants à la réalité du pic pétrolier », tempère Pierre Bertrand.

 

Les résultats de la transition sont beaucoup plus visibles hors de l’Hexagone. Totnes compte aujourd’hui une quarantaine de projets : dont la création d’une monnaie locale, le Totnes Pound, permettant de faire ses emplettes chez les commerçants de la ville ; ou l’édition d’un guide de la consommation locale.

 

Plus d’un tiers des 8 000 habitants participe de manière plus ou moins active au mouvement.

« Mais attention, la transition est jeune et Totnes n’est toujours pas une ville totalement écolo, sans voiture ni pétrole, temporise Luc Semal, chercheur et spécialiste de la transition.

La vraie réussite d’Hopkins est en fait d’avoir développé un niveau intermédiaire de l’action citoyenne, plus élaborée que les éco-gestes individuels ».

 

Dans le monde, on recense près de 650 initiatives.

 

Envie de rejoindre la transition ? La liste des groupes locaux est disponible sur le site français. Vous pouvez également constituer votre propre groupe.

 

La première chose à faire est alors de consulter le « Guide des initiatives de transition » (lien expiré) ou de vous procurer le « Manuel de transition » de Rob Hopkins, récemment traduit en français et co-édité par Silence et Ecosociété.

 

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Ailleurs sur le Web

Le site français des territoires en transition

Les villes en transition sur Wikipédia

 

 

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